Roy Stuart’s Glimpse 4

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Review of Glimpse 4 by Victor Westman

Another generously-crammed club-sandwich of a Roy Stuart video, with mostly tasty ingredients spilling out in all directions and in totally variable proportions. You never know whether a leisurely scene-opening is going to lead in to a brief short or to an extended twelve minutes or more. Two-minute prototypes here include a high-heel-teetering bookshop seductress, walking in to administer mouth relief to bemused Taschen browsers (may we have a second edition, please!), and a café-scene involving Cyril, a woman friend, a waitress, peeks up skirts on a spiral staircase, and a loo engaged when most needed.

Then, there’s a remarkable brief episode of glory-hole “feetishism”, including a first-lesbian-kiss cameo delicately indicating one partner to be eager, the other just sort of dutiful. However, the opening scene is among the longer ones, and will likely be toughest of all for many. Accordingly, it’s bold of Stuart to confront us with it upfront. His incitative music gradually yields completely to the yelping climactic cries of its two women, plaintive and prehistoric. Beginning and ending as a lesbian seduction – in which the dominant of the pair eventually gets to strap on the double-headed dildo, which she wields unrestrainedly – it’s the near-brutal, unrelenting intrusion of skilled male fingers, hands, that produces much of the crescendo of crying, and orgasmic pissing too.

Darkly filmed, the extremities of pleasure depicted here stay so insistently close to agony that most sensitive viewers/voyeurs will be asking themselves worrying questions. But, note, those questions will be real only because what we see is patently unfaked: I take this to be just the kind of quandary that Roy’s protean enterprise wants, from time to time, to put us in.

Other extended scenes include a not-untough one featuring long-haired ‘Joannie’ (heroine of the tattoo-parlour from Glimpse 1) again proving herself a live ready-for-anything trouper, to the hilt indeed. She well deserves Cyril’s and Brian’s kneeling to her in pleadingly erect homage – yet someone really should counsel her about that dire eye-shadow. Jollier scenes explore, say, the needs of a young housewife who will sit around short-negligéed reading fashion magazines when two well-built chimney-sweeps come to scour her flues. Or the pouting incredulity of a charming young mondaine when Lover A (Cyril again, stylish in lightweight suit and straw hat), having come upon her in bed (on bed, actually) with Lover B, unaccountably thinks he shouldn’t stay; naturally she presses the chap to change his mind. (Early on in that scene, just about everyone in the studio, including Anna B. and Stuart in person, suddenly piles onto or around the bed for an ebullient group-snapshot – yet, amazingly, our disbelief soon sufficiently re-suspends itself.)\n\nSo, lots of heterosexuality in this two-plus hours — including one or two beautifully slowed-down comings, spurtings, that make us hope there’ll be more such satisfying slow-motion work in later Glimpses. But, more than equally, plenty of young women startlingly exploring new and older ways of self-pleasuring: women dark and fair, solo or paired.

My favourites here are the two sweet and demure girls who, realising they’re perhaps going to need only the one lesbian episode in their young lives, are seen occupying a hotel-room to honour the occasion properly.

Their wild trampolining on the bed is as joyous an adult return to childhood as you’ll see; their mutual exploration largely gentle and tender. At one point a pair of rampant male cocks threatens to intrude, but Stuart shows good judgement in banishing those pretty pronto. Whatever may later have happened off-screen, this scene’s main lesson for us is surely about self-sufficient womanhood: males need the sensitivity to notice that they’re sometimes de trop, superfluous. (With luck, our times will come.) When, to pee, the girls move to (thank goodness) the bathroom, we see their shy mutual entrancedness just deepening further. And Stuart captures it, to close, via some classic-nude black-and-white frames, elegantly foregrounding the dependent volumes of unusually full (but natural) breasts.\n\nEqually memorable, though more intense and certainly more extreme, are a pair of women coupling sex to sex, linked hand to hand by the big double-headed vibrator.

Filmed mainly from vertically above, their wheel of pleasure whirrs into another unforgettable bout of primitive orgasmic crying, first for one, then (filmed horizontally) for the other. The mouth of the first, as her pitch rises, becomes an increasingly perfect circle: having seen this, you may ever after find Histoire d’O a changed, a deepened, an unexpectedly literal title. A timeless three minutes. More appreciation to end with: for the experimental white-out scenes, for the cautiously erotic policewomen hypnotising each other at panties-length, and for humour in variety: Anna’s cheeky cameos throughout, the blonde in the bath with masseur attendant, the scarlet-vinyl-clad apprentice dominatrix who drops her mask, and eases her zip, just a little too readily… and for other sisters in bewildering variety. May there be many more such woman-centred, man-assisted, moments to come from the land of Glimpse!

Roy Stuart’s Glimpse 4

Article par Richard Leydier (journaliste à la revue artpress)

Morceaux choisis du Glimpse 4 : deux filles font l’amour à même le sol d’un appartement bourgeois. Elles s’échauffent peu à peu, puis, sous l’injonction d’une voix demeurant hors champ, elles se retournent et, côte à côte, présentent leur cul à la caméra. C’est alors que les deux bras d’un homme font irruption dans le champ. Sur un rythme saccadé et irrégulier, deux doigts de chaque main pénètrent le sexe des deux femmes. Très vite, ils battent en parallèle la mesure d’une symphonie où les cris, les gémissements et le clapotis des humeurs vaginales ont valeur instrumentale. Ce sont là les doigts d’un pianiste ou d’un chef d’orchestre, ils alternent subtilement le glissando et le staccato pour faire vibrer les membranes et les cordes vocales des deux femmes offertes. Autre scène, deux filles, encore, sont allongées sur un lit, sexe contre sexe, unies par leurs toisons fournies comme une créature siamoise inédite.Elles se masturbent avec un vibrateur, un étrange appareil, une sorte de batteur à œufs orgasmique.

Elles sont filmées en vue plongeante, si bien que leur position évoque la figure des dames des cartes à jouer, mais des dames qu’on aurait débarrassées de leurs robes damassées, révélant ainsi l’activité onaniste dissimulée jusqu’ici par les étoffes. Là encore, le vibrato de l’appareil déclenche des vocalises n’obéissant à aucun solfège, un chant instinctif et universel de la jouissance, le plus vieux chant du monde. La musique, la vraie, n’est pas en reste, elle accompagne pratiquement toutes les saynètes du Glimpse 4 ; ici une reprise de « Hey Joe », là un morceau de flamenco, ailleurs de la musique sacrée. De temps à autre, sur ces airs installant à chaque fois une ambiance particulière, une jeune fille danse, devant le Colisée à Rome, ou dans le même salon parisien qui fait office d’atelier de l’artiste…

La musique, la danse, le sexe, les corps, c’est bien toutes ces composantes de la vie que tentent de saisir les Glimpse de Roy Stuart. En anglais, glimpse signifie « entrapercevoir », « capter un instant fugitif ». Ces vidéos attrapent à la volée des moments rares, c’est pourquoi les Glimpse ne mentent pas. En faisant parfois appel à des poncifs scénaristiques, comme les ramoneurs troussant la bourgeoise en peignoir de soie, avec l’irruption tardive du mari en pyjama, les Glimpse jouent la théâtralité du porno, mais ils s’en différencient radicalement par l’humour d’une mise en scène dans la mise en scène qui installe la vérité du documentaire : les éclairages sont visibles à l’écran, un assistant passe dans le champ de la caméra, on goûte la bonne humeur des séances de pose… On peut ici s’interroger sur le lien qui unit les Glimpse aux photos de l’artiste, puisque les premiers révèlent les dessous des secondes.

On aura remarqué que, sexuellement parlant, il se passe plus de choses dans les films que dans les clichés, et que certains modèles qui peuvent paraître d’une extrême sagesse dans les livres de Roy Stuart se lâchent totalement dans les DVD. C’est là sans doute que l’artiste révèle son talent. En effet, pour qu’il y ait les photos, il faut qu’il y ait eu tout cet enchaînement d’événements qu’on découvre en vidéo. Il faut qu’il y ait eu des actes sexuels pour qu’à la fin, on ait une image fixe moins explicite mais étonnamment suggestive, et qu’en elle résonnent les sons et flotte le parfum d’ébats torrides. En un sens, les photos « captent un instant fugitif » des vidéos, elles en sont la quintessence, elles sont en quelque sorte les « glimpse des Glimpse ». On peut alors considérer que les vidéos jouent, en regard des clichés, un rôle analogue à celui de l’esquisse pour la toile du peintre.

Mais le réalisme des Glimpse ne tient pas seulement à leur nature de making off. Il y a aussi des images qui ne trompent pas : on aura remarqué, dans le Glimpse 4, la très belle scène d’une femme blonde qui se masturbe, assise sur une banquette. On sent bien que le plaisir, ici, n’est feint d’aucune manière. On est très loin de l’aspect professionnel, mécanique et presque fonctionnarisé de la pornographie ; on est ici bien plus du côté de la performance artistique, d’un acte réel filmé d’une manière crue, livré tel quel avec une force de l’image qui tient de la frontalité de l’icône. Cette femme qui se donne du plaisir tout en soutenant le regard de la caméra, c’est le contrepoint hot et jouissif à l’Homme qui dort d’Andy Warhol.”

Roy Stuart’s Glimpse 4